les raisins d’antan

les raisins d’antan

nous étions à l’époque des vendanges, et le soir lorsque nous revenions de l’école,on rencontrait des groupes d’hommes et de femmes portant des paniers d’osiers.Ils suivent à pas lents les chars chargés des grappes blondes du noah.ils arrivent des fiefs, là où la terre se prête mieux à cette culture.Ils ontle coeur gai ces vendangeurs.La journée est achevée et la récolte est belle.Ecoutez-les chanter:

« Ah! l’envieme démange

D’aller en vendanges

Pour y grapillonner

Dans mon p’tit panier »

Voici notre village.Le préssoir est là dans cette vieille grange.Dressé comme un échafaud,il attend la charrette des condamnées,belles grappes juteuses qui vont bientôt mourir dans l’allégresse générale à l’heure où le soleil agonise.Les hommes s’affairent à moudre le raisins, puis ensuite à le presser.On est surpris des rapides crépuscules d’automne et bientôt le travail va s’effectuer à la clarté d’ une lampe tempête diffusant une lumière jaune qui  me repoussait bien loin les ténèbres au opaques

la fête des vendanges

le labeur est pénible.Salissante cette manutention des madriers en bois de cormier, lourds comme un plomb, et qu’on appelle généralement « des gorets ».

Pourtant la joie éclate de toutes parts. une joie bruyante arrivée par cette demi-ivresse procurée par ces bouteilles  qui passent de main en main.On boit à même goulot.

c’est la fête…la fêtede vendanges…!

le travail va se prolonger jusqu’à une heure très avancée de la nuit.Nous,les gamins du village, pour rien au monde nous n’aurions accepté d’aller au lit avant la fin des opérations.

-« Les enfants…!allez -vous coucher…!

Demain vous pourrez pas vous l’ver pour aller à l’école…! »

paroles qui sonnent dans le vide!Voix qui cri dans le désert…!

« clic…clac…clic…clac… »chantaient  les clavettes tandis que les hommes se relayaient ou se couplaient pour manoeuvrer ce grand levier de fer  qui serre la vis du pressoir

Un jet liquide trouble ,gluant jaunâtre  s’en échappait  pour tomber en clapotant dans la grande taille en bois posée sur le solde terre battue derrière le pressoir.

Pris au piège

nous nous glissons furtivement dans cette zone sombre, et l’un après l’autre approchions nos lèvre du jet trouble pour en aspirer quelques bonnes lampées.C’était délicieux,sucré comme une brèche »de miel ».Trop bon même pour ne pas tenter d’en avaler au-delà des limites du raisonnable.

Sacrés gosses…Voulez-vous pas bouère tant de moût. Vous allez attraper la vavite …

Mais, allez donc écouter les grandes personnes, lorsque le démon de la gourmandise vous tenaille.

Et précisément dès le lendemain ou dans les jours qui suivront car la saison des vendanges durera bien une dizaine de jours.Les prédictions de ces mêmes grandes personnes vont,hélas…se réaliser.

Le gamin foireux pris au piège de sa propre gourmandise n’ira pas s’en plaindre et fera tout son possible pour cacher son état .Mais l’oeil vigilant de la mère va déceler à coup sûr l’anomalie qui frappe sa progéniture

Argadez donc ….quelle mine que tu as. Mais enfin t’es couleur de vert-de-terre.t’es.teurjou bé malade

non ….non…Mais malgré ces négations mensongères , rien ne va plus là-dedans ; le moût à cessé d’être délicieux, Il est devenu écoeurant .

Sournoisement,il gargouille dans les tripes comme si vous aviez avalé un demi-cent « gueurnoÏlles » vivantes.C’est vachement gênant cette affaire là…!Surtout pendant l’école…!

-« madame!S’il vous plaît…! Aller aux lieux… »

-« encore …!Mais qu’est-ce que vous avez donc tous…de ce temps-là…? »

l’ogresse,dévoreuse de billes

Mais malgré son air étonné, elle a très bien compris, notre maîtresse,la cause de ces urgences.Aussi, elle n’essayera pas,comme en temps ordinaire de marchander ses autorisations de sortie.Il lui  était arrivé maintes fois d’être obligée de (désenchoutir) quelque gamin de la petite division trop timide pour formuler une demande

Au ras du sol cimenté ,il y avait ce petit cratère qui vous renvoyait son haleine nauséabonde .

Gare à vos poches lorsque vous baisserez votre pantalon.

Ce qu’elle a pu en avaler comme billes pièces  de deux sous ou petits couteaux (levrette), cette maudite ogresse d’alvéole

Ah ces souvenirs d’école ! et aussi de ces vendanges pulpeuses de cet automneriant et doré qui semblait se prolonger indéfiniment comme l’éternité d’une enfance qui n’en finissait pas de finir tant était impétueuse ma soif de devenir un homme .

Comme je vous regrette

Je m’aperçois tout à coup que les années qui m’en séparent sont passées comme une ombre.

FELIX MOREAU
treize septiers

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