Le pommier du Père Monnereau

Le pommier du Père Monnereau (récit)
Textes anciens de Vendée

L’incident s’est passé voilà bientôt cent ans
Le curé des Brouzils, qu’on nommait (le bon père)
Avait auprès de lui tout un groupe d’enfants
Qu’il instruisait, formait, c’était là son parterre
Et les fleurs poussaient bien… pourtant un papillon
Venait tourbillonner parfois dans leur corolle
Et la fleur.. c’est ici quelque mutin garçon
Au thème préférait le papillon qui vole

Mais laissons un instant ces petits à leur jeu
A deux pas de l’humble presbytère
Nous nous trouvons soudain dans un autre milieu
Tout donne à penser que c’est un monastère
Le silence imposant, l’habillement des soeurs
Celui qui le fonda, qui choisit leur insigne
Les nomme avec amour (filles des Sacrés Coeurs
O père Monnereau tout cela vous désigne

Près du jardin des soeurs, s’étend votre jardin
Au mur qui les sépare, il est une ouverture
Trappe  aux commissions  ménagée à dessein
Et qui ne porte pas atteinte à la clôture

Ce jardin, le jardin du père Monnereau
Possède un beau pommier et l’on voit chaque branche
Se courber sous le poids d’un savoureux fardeau
Sur le verger voisin l’une d’elle se penche
Or une soeur par là, passe, et levant les yeux
Elle songe tout haut (ces fruits me font envie )
S’il en tombait vers moi seulement un ou deux
Oh ! dame j’en serais ravie

Et voici que soudain s’agite le pommier
Et les fruits, les beaux fruits, tombent à la douzaine
Quelle audace ! quel tour !
quel gamin d’écolier
Est par là, dit la soeur, regrettant son aubaine
Allez vous bien finir ! je vous en avertis
Si vous ne cessez pas, je le dis au bon père
Mais plus dru que jamais, tombent, pleuvent les fruits
La soeur est ahurie, elle s’en désespère
Alors ouvrant la trappe, elle voit de ses yeux
Le coupable .. qui donc ? le bon père en personne
Il sourit d’un sourire un peu malicieux
Oh ! vraiment, dit la soeur, cette aventure est bonnée

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